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Si vous estimez que Belzebuth avait créé Louise Michel à sa semblance, que ses affidés n’étaient que les hordes de démons maléfiques chassés du royaume de cieux et que « Le cri du peuple » n’était que l’auge où ces pourceaux venaient s’abreuver du sang des gens de bien, alors cette longue ode aux crades vices de la populace médisance, aigri, fourbe et jalouse vous donnera des nausées !
Si vous pensez que les augustes conservateurs ne sont que de rances réactionnaires qui assoient leur morale sur l’hypocrisie fruit de la religion asservissante, leurs privilèges sur l’argent gagné à la baïonnette ou au gourdin, si vous portez au pinacle le désordre, cet ordre moins le pouvoir, si faisant fi de votre athéisme, vous louez les dieux d’avoir doté les êtres humains d’organes dédiés aux plaisirs, alors lisez ce long dithyrambe à la liberté, à l’égalité, à la fraternité ! Et régalez-vous de l’histoire de Marie-Louise Berthet, orpheline, élève studieuse, fugueuse, modèle, prostituée, féministe, communarde, bonne sœur, fouetteuse émérite, meurtrière, militante, anarchiste, terroriste, amoureuse surtout, que la renommée baptisa Sœur Fouettard. Partie 1 La barricade de la place Blanche est tombée sous les assauts des Versaillais. Marie-Louise Berthet à l’image de tous s’est enfuie dans la nuit. Le long d’un haut mur, elle découvre une corde qu’a lancée une tête hirsute. Sauvée par Alphonse Milon, le jardinier du couvent des Visitandines, la communarde Marie-Louise, Loulou pour les amis, redonne vie au vit de son sauveur. La présence de Marie-Louise est venue aux oreilles de la mère supérieure, Sœur Marie des Anges de la Sainte Famille. Celle-ci la fait mander…et c’est le visage « dans le sillon de ses énormes mamelles » que se clôture cette première partie. Partie 2 Marie-Louise a accepté la proposition de la mère supérieure, proposition que résume cette déclaration « — Mademoiselle Berthet, ma fille devant Dieu, nous allons faire de vous une Visitandine. » Et c’est ainsi que devant Dieu et qu’au terme d’une bacchanale où elle fait claquer les verges sur « fesses femelles », elle devient sœur Angélique de la Miséricorde Divine. Convoquée en confession par Monseigneur Péloutier, elle reconnait la voix de l’un de ses clients d’antan, l’ecclésiastique surnommé La grande Justine. Partie 3 Riche du soutien de Monseigneur Péloutier, adepte de la flagellation, sœur Angélique échappe à la vie monacale et rejoint, en compagnie de sœur Véronique de la Sainte Épine, l’oratoire de santé dans le quartier des Vosges qu’à ouvert la baronne Elmyre Moiseau de Chaulieu. Et c’est ainsi que Marie-Louise Berthet, connue sous le nom de Loulou, devenue sœur Angélique de la Miséricorde Divine, va de taudis en gourbis prodiguer des soins aux malheureux et quelques gâteries « cinglantes à quelques personnages haut placés dont les mœurs exigent une correction ». Et c’est ainsi qu’elle a vent du malheur qui accable une ancienne condisciple et qu’elle retrouve Monsieur Courbet et se souvient du temps où elle posait pour lui. Partie 4 Fouetter, flageller, cingler, cravacher les postérieurs des suppôts des Versaillais, des monarchistes et autres patrons des forges, Loulou s’y emploie avec la hargne de la revanche ; soigner, rassurer, consoler, choyer sœur Angélique de la Miséricorde Divine s’y emploie avec la solidarité de classe. Et c’est ainsi que le dispensaire de la rue des Écouffes rencontre un grand succès, un succès qui n’est pas sans susciter quelques aigreurs et ceci d’autant plus que sœur Véronique de la Sainte Épine,, déjà peu portée sur la religion, découvre les joies de la chair en compagnie de l’ébéniste Martin Pichavant. Ces joies de la chair que journellement lui enseigne Loulou : « les caresses, les figures, tout l’art des filles : Le postillon, le gamin, le soixante-neuf, la paresseuse, la brouette, la levrette, la feuille de rose, le taillage de la plume » Partie 5 Où à l’occasion d’une « commande », Loulou retrouve en délicate position deux anciennes sœurs Visitandines qui n’ont pas fait que jeter aux orties le voile. Et où, à leur demande, elle déploie sa science du supplice fessier probablement appris en Gehenna. Et où la l’occasion d’une visite auprès d’un mourant, elle reconnait un indicateur de police et le soulage charitablement de son martyr. Mais voilà que la joie saisit le peuple parisien : Adolphe Thiers, « le cadavre du nabot sanguinaire, de l’infâme « taupe à lunettes » » est mort et que l’amnistie des communards est votée Mais voilà que le malheur s’abat aussitôt : Monsieur Victor Hugo est décédé ! Partie 6 À l’occasion de l’enterrement de Monsieur Victor Hugo, Marie-Louise Berthet, alias Loulou, alias sœur Angélique de la Miséricorde Divine, retrouve Luigi, le beau maçon italien qui n’a jamais déserté son souvenir, dont la présence l’a toujours accompagné. Et dans ses bras, elle reprend la lutte, jetant aux oubliettes le voile. Mais l’attentat que commet Luigi les oblige à quitter la France. À Gêne, son amoureux anarchiste radical, opposé à la propriété privée, entraine Loulou dans un backroom. Et de retour à Paris, Loulou de fouetteuse se métamorphose en poseuse de bombe… |