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Si vous exécrez les cures thermales, si « Templiers, des Cathares ou des Visigoths » ne sont à vos yeux que des hérétiques, si vous jugez comme blasphématoire l’idée que le Saint-Esprit serait un légionnaire romain, si vous considérez comme diaboliques les sectes schismatiques, alors passez votre chemin, car cette « Histoire d’eaux » sera votre Golgotha.
Si les massages enflamment votre imaginaire, si les bains de minuit vous incendient les sens, si l’équitation comble vos ardeurs, si vous jouissez des plaisirs épistolaires, si vous aimez à butiner les fleurs et les joncs, alors emboitez le pas à Claire, la peu farouche médecin légiste partie en terre de l’abbé Saunière.
« J’ai voulu faire la maline pendant une fête dans une manade camarguaise ». Le corps brisé par les assauts d’une vachette, la belle Claire n’a d’autre choix que de partir en cure à Rennes-les-Bains. Et c’est ainsi que contre toute attente l’ennui ne l’ensevelit pas de son morne linceul. Goutant tour à tour aux charmes de Marina, sa masseuse polonaise, aux attentions du capitaine de gendarmerie Henry de Quatrefer, aux mails envoutants d’Alain Lafargue son confrère, ami et rhumatologue, et à ses visites crapuleuses, sa libido n'a pas loisir de s’assoupir, ni sa curiosité par ailleurs puisque dans ce village où les « légionnaires romains venaient y soigner les traumatismes collectionnés sur les champs de bataille » rode Frère Jean, le gourou d’une secte aux adeptes féminins.
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